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Tort ou Raison

Disputes : voisins

Avec les voisins, on ne s’est pas choisis, mais on se croise tous les jours. Les sujets de dispute sont connus : le bruit de pas ou de musique, la perceuse du dimanche, la place de parking, la haie qui dépasse, la fumée du barbecue, le colis égaré. On passe vite du « bonjour » poli au mot glissé dans la boîte aux lettres.

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VoisinsDilemme de la rédaction

Mon voisin met de l’électro, j’ai répondu à l’accordéon : qui a tort ?

Mon voisin du dessous écoute de la musique électronique tous les samedis après-midi. Assez fort pour que les verres vibrent dans mon placard. Je suis allé lui en parler une fois : il a baissé un peu, puis il a remonté le son le samedi suivant. Alors j’ai répliqué. J’ai ressorti une vieille compilation d’accordéon de mon grand-père, et je l’ai mise à fond sur mon enceinte, posée par terre, face au parquet. Valse musette contre électro, tous les samedis. Ma compagne a fini par passer ses week-ends chez sa sœur. Mon voisin m’a laissé un mot : « Votre accordéon est insupportable. » J’ai trouvé ça gonflé.

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Pots de fleurs contre voiture : la guerre de la place devant chez moi

Devant ma maison, il y a une place de stationnement dans la rue. Elle n’est pas à moi, je le sais. Mais depuis toujours, c’est là que je me gare. Un nouveau voisin a commencé à y mettre sa voiture, alors qu’il a un garage. Pour garder la place, j’ai posé deux grands pots de fleurs dessus quand je pars. Il les a déplacés sur le trottoir. Je les ai remis. Il les a déplacés à nouveau, en arrosant les fleurs au passage, ce que j’ai trouvé particulièrement provocant. Depuis, on se surveille par les fenêtres. Ma femme dit qu’on dirait deux enfants dans une cour de récréation.

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Le coq du voisin chante dès 5 h : j’ai le droit de me plaindre ?

Après des années en ville, j’ai réalisé un rêve : une petite maison à la campagne, au calme. Enfin, au calme jusqu’à 5 h du matin. À 5 h, le coq du voisin chante. Puis il chante encore. Jusqu’à 7 h, à peu près toutes les cinq minutes. J’ai acheté des bouchons d’oreilles, puis fait poser un double vitrage dans la chambre. Rien n’y fait : ce coq a une voix d’opéra. Je suis allé voir mon voisin pour lui demander s’il pouvait fermer le poulailler la nuit, ou garder le coq à l’intérieur jusqu’à 7 h. Il m’a regardé comme si je lui demandais d’éteindre le soleil.

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Le voisin joue la même valse au piano chaque soir : je peux râler ?

Mon voisin d’en face, de l’autre côté de la cour, apprend le piano. Il joue tous les soirs de 19 h à 20 h, fenêtres ouvertes dès qu’il fait beau. Je n’ai rien contre la musique. Mais depuis quatre mois, il travaille la même valse. Toujours la même. Et il bloque toujours au même passage, recommence, bloque encore. Je la connais par cœur. Je la fredonne au travail. Je l’entends en m’endormant. J’ai pensé à lui laisser un mot pour lui demander de fermer la fenêtre, ou de changer de morceau. Mon conjoint trouve que ce serait mesquin, puisqu’il joue à des heures tout à fait raisonnables.

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Je fais livrer tous mes colis chez ma voisine retraitée : j’abuse ?

Je travaille toute la journée, et je commande beaucoup en ligne. Ma voisine de palier est retraitée et souvent chez elle. Un jour, un livreur lui a confié un de mes colis, et elle me l’a gardé gentiment. J’ai trouvé l’idée géniale. Depuis, j’écris dans les instructions de livraison : « à déposer chez la voisine d’en face ». Elle me garde tout, je passe chercher mes paquets le soir, et je lui apporte parfois des chocolats pour la remercier. Elle n’a jamais dit non. Mais j’ai appris par le gardien qu’elle n’osait plus sortir faire ses courses le matin, de peur de rater un livreur. Je ne lui ai jamais demandé de rester chez elle !

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J’ai fait de la confiture avec les figues du voisin : j’ai eu tort ?

Mon voisin a un figuier magnifique. Une grosse branche dépasse au-dessus de mon jardin, et chaque fin d’été, elle croule sous les figues. Il ne les ramasse jamais : elles tombent et s’écrasent sur ma pelouse. Cet été, j’ai décidé d’en profiter. J’ai cueilli tout ce qui pendait de mon côté, j’ai fait douze pots de confiture, et je les ai offerts à mes amis. Mon voisin m’a vu cueillir depuis sa fenêtre. Il est venu me voir, un peu froid, en me disant que j’aurais pu lui demander. Je ne comprends pas : je n’ai touché qu’à la branche qui est chez moi.

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Le linge de la voisine goutte sur mon balcon : j’ai raison ?

La voisine du dessus étend son linge sur un séchoir accroché à son balcon. Juste au-dessus du mien. À chaque lessive, l’eau goutte sur ma table de jardin, mes coussins et, deux fois, sur ma tête pendant que je prenais mon petit-déjeuner dehors. Une fois, une chaussette est tombée dans mon bol de céréales. Je la lui ai rapportée, très poliment, dans un petit sachet. Elle s’est excusée en riant. Mais rien n’a changé. Je suis allée lui proposer d’essorer davantage, ou d’installer son séchoir de l’autre côté. Elle m’a dit qu’elle n’avait pas le choix et que c’était juste de l’eau.

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Mon voisin perce tous les dimanches matin : je craque ou pas ?

Mon voisin de palier est un bricoleur passionné. Le problème, c’est qu’il bricole le dimanche matin. À 9 h précises, la perceuse démarre. Puis le marteau. Puis encore la perceuse. Depuis presque deux ans. Je ne sais pas ce qu’il construit, mais à ce rythme, il aurait pu bâtir un deuxième appartement. Le dimanche, c’est mon seul jour pour dormir. J’ai d’abord glissé un mot gentil sous sa porte. Puis je suis allé le voir. Il m’a répondu que la semaine, il travaille, et que le dimanche est son seul jour pour avancer. J’ai envie de lui offrir un abonnement à la salle de sport, juste pour l’occuper ailleurs.

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Ces disputes tournent vite au malentendu parce que chacun se sent chez lui, et il a raison. L’un entend un vacarme, l’autre vit simplement sa soirée. Souvent, on ne se parle jamais directement : on soupire, on tape au plafond, on en parle au reste de l’immeuble. Chaque silence devient alors une preuve de mauvaise foi.

Pour voter de façon juste, lisez les deux versions en gardant en tête qu’elles viennent de la même personne. Distinguez le fond, la gêne réelle, et la manière : le mot anonyme, la porte claquée, la remarque devant tout le monde. Un voisin peut être vraiment bruyant, et l’autre bien trop prompt à s’énerver. Un point important, enfin : votre vote donne un avis de bon sens. Il ne dit pas ce que prévoient la loi ou le règlement de l’immeuble.

Questions fréquentes

Comment parler à un voisin bruyant sans déclencher une guerre ?

Allez le voir en personne, à un moment calme, plutôt que de taper au plafond. Beaucoup de gens ne savent pas qu’on les entend. Décrivez le bruit et le moment, sans accuser, et cherchez une solution ensemble.

Un mot dans la boîte aux lettres, bonne ou mauvaise idée ?

Un mot peut aider si le voisin est difficile à croiser. Restez poli, signez-le et proposez d’en parler de vive voix. Un mot anonyme ou sec est souvent reçu comme une attaque.

Comment garder de bonnes relations après une dispute ?

Un simple bonjour, le lendemain, montre que la dispute est close. Remercier le voisin quand il a fait un effort compte beaucoup. Les petits gestes de bon voisinage rendent la discussion suivante bien plus facile.

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